Compte Rendu : Étape G500 Eau/ Agriculture (21 mai 2025)
1- Visites d’exploitations agricoles
Première visite : Stéphane et Fanny Boutarin
Juin est une période où ils récoltent l’ail. La ferme est ouverte à différents moments de l’année. Le 24 mai, une fête de l’alimentation est organisée.
80 % de leurs revenus dépendent de cette récolte, qui dure 15 jours. L’exploitation est familiale, transmise depuis quatre générations. Elle a évolué au fil du temps, passant de l’élevage (lapins, poules) à la culture de l’ail, notamment grâce à la mécanisation.
La Drôme produit 20 % de l’ail français, dont 80 % est certifié. Le couple insiste sur l’importance de la spécialisation, de la connaissance du produit, et sur leur engagement dans des fédérations de producteurs.
Deuxième visite : Exploitation Uchaux, Panier de la Comtesse
Le projet démarre en 2012, est mis en pause, puis relancé en 2015. La construction se fait en 2018, et la livraison en 2019, après trois ans de lutte pour les permis de construire.
Des investissements sont réalisés pour installer des panneaux solaires sur 2,5 hectares de serres.
Les revendications portent sur :
– La défense de l’intérêt national,
– Une meilleure réglementation de l’étiquetage,
– Une garantie d’un seuil de 50 % de composants français pour les produits labellisés,
– L’interdiction de labelliser des produits contenant des ingrédients étrangers comme produits du terroir français.
Troisième visite : Marc-Antoine – GAEC de Montlahuc
Objectif : passer d’un modèle agricole classique à une ferme en permaculture expérimentale.
GAEC fondé en 1981 : 1 550 hectares et 800 animaux. Diversité des élevages : vaches, moutons, brebis, chevreaux. Un modèle auto-régulé reposant sur un collectif de 6 associés et 1 salarié à plein temps.
Les efforts portent sur :
– La gestion écosystémique,
– La plantation d’arbres,
– La régénération des sols avec du BRF (bois raméal fragmenté),
– L’intégration des castors comme facteur de création de zones humides,
– L’aménagement du territoire pour retenir l’eau et restaurer les cycles naturels.
2- Problématiques identifiées
– Manque de stockage d’eau sur les exploitations agricoles.
– Tension croissante sur la ressource en eau, notamment avec le changement climatique.
– Difficulté d’accès au foncier pour les jeunes.
– Complexité réglementaire et administrative.
– Faible reconnaissance du rôle stratégique des agriculteurs dans les politiques publiques.
– Fragmentation des responsabilités sur la gestion de l’eau (ex : GEMAPI).
Les propositions sont regroupées par thème : gestion de l’eau, transition agricole, gouvernance, justice économique et sociale, transmission, éducation, etc.
Cette étape du G500 a révélé une forte attente/ besoin de reconnaissance, d’écoute et de co-
construction avec les agriculteurs/éleveurs. Les agriculteurs sont porteurs de solutions concrètes.
Leur parole doit être prise en compte pour construire les politiques publiques de demain.
Les enjeux de l’eau, de la souveraineté alimentaire et de la justice territoriale/sociale sont
profondément liés. Les solutions existent, elles émergent des territoires. Il faut désormais les
appuyer, les coordonner, et leur donner les moyens de se développer.
Vote des résolutions
Eau et gestion de la ressource
- Mettre en place une gouvernance de bassin versant associant agriculteurs, citoyens,collectivités, acteurs économiques et du tourisme, dans une logique de co-construction des solutions.
2. Établir des restrictions équitables et transparentes en période de crise hydrique, avec
un contrôle renforcé par les chambres d’agriculture.
3. Développer les capacités locales de stockage d’eau, via des infrastructures adaptées
(bassins, récupérateurs) sur foncier public ou privé, soutenues par des aides ciblées.
4. Réaménager les territoires pour restaurer le cycle naturel de l’eau : désimperméabilisassions des sols, recharge des nappes, hydrologie régénérative, infiltration locale.
5. Réintroduire les castors dans les zones arides, pour restaurer les écosystèmes humides naturels.
Agriculture et transition écologique
- Renforcer la participation des agriculteurs aux instances de décision territoriale, comme les SAGE ou les démarches Agenda 21.
2. Promouvoir des pratiques agricoles durables, sobres en eau et régénératrices : agriculture de conservation, diversification des cultures, permaculture, agroforesterie, techniques de régénération des sols.
3. Soutenir la viabilité économique des exploitations, par la diversification des revenus et un système d’indemnisation face aux dommages causés par la faune.
4. Accompagner l’adaptation des productions agricoles, pour répondre aux contraintes hydriques tout en assurant une alimentation de qualité.
Justice sociale, économique et souveraineté alimentaire
- Harmoniser les normes agricoles à l’échelle européenne et internationale, et exiger une traçabilité renforcée pour tous les produits alimentaires.
2. Protéger les labels français, en interdisant leur usage abusif sur des produits importés ne respectant pas les critères d’origine.
3. Soutenir les filières de transformation locales et les projets pilotes, comme les tomates transformées en France.
4. Assurer une rémunération juste des agriculteurs, pour sécuriser l’avenir de notre
5. Réformer la politique GEMAPI, en l’adossant à un véritable plan d’investissement public pour la gestion des milieux aquatiques.
Transmission, gouvernance et jeunesse
- Favoriser la transmission intergénérationnelle des terres, notamment au sein des familles.
2. Redonner à la SAFER les moyens d’agir, pour accompagner les jeunes agriculteurs dans leur installation.
3. Mettre en œuvre des dispositifs concrets d’installation, combinant accès au foncier, aides financières, accompagnement humain et technique.
Éducation et sensibilisation
- Intégrer l’éducation à la saisonnalité et à l’origine des produits dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge.
2. Faire évoluer les représentations collectives du cycle de l’eau, en valorisant l’infiltration, la rétention et la préservation plutôt que l’évacuation.
Éducation et sensibilisation
- Encadrer l’achat de terres agricoles par les grands groupes industriels, afin de garantir leur vocation nourricière et leur ancrage territorial.

